Victoire des libéraux, mais non du PNL

MAKE, 19 décembre 2016

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Je comprends bien pourquoi les libéraux se chamaillent après l'échec des élections, mais ils ne doivent pas se fâcher, car en fait, l'électorat a choisi le libéralisme.
C'est vrai, le libéralisme sans le PNL.
La victoire est celle du libéralisme du PSD.
Comme preuve, voici la déclaration du président du PSD Liviu Dragnea, après la victoire:
«Je suis allé au marché d'Obor, j'ai cherché du poisson. J'ai discuté avec les vendeurs de poisson. Et ils m'ont dit qu'ils avaient des carpes d'Espagne, des carassins d'Italie, et seulement quelques brochets minables de Roumanie. On sait bien le fond piscicole de ce pays. J'ai pensé aussi aux factures d'électricité. Nous payons nos factures à une société qui fait bénéficier un autre pays du profit encaissé. C'est pareil pour les gaz, pour l'eau potable à Bucarest. Il faut aimer aussi le capital roumain. Je veux qu'on commence à se nourrir des produits autochtones, et non des importations de mauvaise qualité.»
C'est un authentique discours libéral.
Le programme électoral du PSD est libéral:
- diminuer l'impôt sur les dividendes de 5% à 0% ;
- la diminution des coûts totaux payés par les employeurs, pour les salaires ;
- la diminution de la TVA de 20%, à 18% (0% pour la vente de logements, 9% pour la publicité) ;
- la diminution du nombre de taxes et d'impôts de moitié ;
- le schéma de subventions de la part l'état pour les start-up;
- la diminution de l'impôt sur le chiffre d'affaire pour les micros entreprises et l'augmentation du plafond définitoire de 100 mille euros, à 500 mille euros. Et ainsi de suite.
 
Nous avons publiées ces propositions hier, dans le journal BURSA, à côté de celles proposées par le PNL, qui se superposent par-ci par-là.
Le document du Programme du PSD est consistent, et Liviu Dragnea a précisé, dans une émission télévisée, qu'une fois adopté comme programme de gouvernement, celui-ci acquiert un statut juridique, de sorte que sa violation peut être condamné devant les instances de jugement.
Liviu Dragnea a une expérience personnelle en matière de condamnation devant les instances de jugement.
Bien que Liviu Dragnea soit l'actuelle figure-symbole du PSD, l'électorat n'a plus même prêté attention à sa condamnation (un des lecteurs nous a signalé, dans un message publié sur le site de « BURSA », que Dragnea a été condamné pour avoir dirigé le suivi des votes lors du Référendum de suspension de l'ancien président Traian Basescu, c'est-à-dire pour une action qui est officialisée maintenant justement par le Gouvernement de Cioloş).
Les citoyens ont apprécié l'attitude du PSD manifestant une certaine indépendance vis-à-vis de Bruxelles, tout comme ils ont amendé le dos courbé du premier ministre Dacian Cioloş devant l'UE, porté comme un étendard par le PNL de Alina Gorghiu.
Cioloş est le premier ministre du président Klaus Iohannis.
Klaus Iohannis est, à son tour, « le premier ministre de Grivco », inventé par Dan Voiculescu, par Crin Antonescu.
L'électorat a rejeté Cioloş.
Grivco lui-même a rejeté Cioloş, par Mihai Gâdea, dans l'affrontement bourbeux à Antena 3 de Dan Voiculescu.
Klaus Iohannis a reçu une claque de ses parents - je ne parle pas de Grivco, mais de l'électorat et en spécial du soi-disant « parti Facebook », qui ne s'est ps du tout mobilisé.
La catastrophe pour le PNL.
Alina Gorghiu a démissionné de la direction de PNL.
Certains libéraux ont été soulagés.
Avec tout son charme personnel, Alina Gorghiu n'a pas réussi à attirer pour le PNL, plus de 20% des voix de l'électorat, lors des élections parlementaires de dimanche, alors que le charmant Liviu Dragnea en a obtenu plus de 45%, pour le PSD.
Pourtant, l'affrontement électoral n'a pas misé sur l'aspect physique, ni sur l'ensorcellement et ni sur les condamnations, mais sur le critère nationaliste.
Durant son année en tant que premier ministre, a accordé des subventions d'état à des sociétés au capital étranger, mais à aucune société au capital roumain ; son ministre de finances, Anca Dragu, a rendu justice aux autrichiens de Raiffeisen Bank, devant la menace formulée publiquement par ceux-ci de porter l'Etat Roumain en justice à cause de l'adoption de la Loi de la mise en paiement et de la Loi de la conversion des crédits en francs suisses (cette dernière, le premier l'a envoyée à la Cour Constitutionnelle, avec la possibilité d'être invalidée).
Lors de sa visite en Roumanie, sponsorisée par Raiffeisen Bank, à l'occasion d'une conférence organisée par le Ministère des finances d'Anca Dragu, le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble a précisé que le sujet de l'opposition entre les investisseurs étrangers et ceux autochtones ne doit pas être discuté.
Il était au courant.
En fait, tout le scandale entre le système bancaire et leurs clients crédités en francs suisses s'est déroulé selon ces paramètres de l'opposition entre les étrangers et les autochtones, tant que le système bancaire est maîtrisé par le capital étranger et les empruntés sont des autochtones.
Paradoxalement, l'initiation et le soutien des Lois de la mise en paiement et de la conversion appartiennent au libéral Daniel Zamfir, mais le PNL a présenté une incohérence interne, en ruinant sa popularité devant le public, par le support accordé à Cioloş.
Pour ne pas compromettre son « allure européenne», le PSD a confié ses slogans nationalistes au Parti de la Roumanie Unie de Sebastian Ghiţa (le pote de Victor Ponta), qui a écrit: « Le capital roumain est assassiné en permanence. »
L'électorat a voté d'éliminer le servilisme envers l'étranger.
C'est un vote encouragé par le Brexit, par la victoire aux élections de Donald Trump et par les mécontentements populaires sur tout le territoire du Sud de l'Union Européenne, en spécial en Grèce.
Inévitablement, la nuance implicite du rejet de l'Union Européenne, illustrée par les résultats des élections de dimanche, nous rapproche de la destinée russe, invoquée en permanence comme un épouvantail (ce qui n'est pas forcément une erreur).
Mais la « JUSTICE » n'existe pas comme telle.
La justice apparaît uniquement quand on la fait.
Et les électeurs, comme on dit, ont toujours raison.

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