25% du vin vendu par Vinarte a été exporté cette année

EMILIA OLESCU, 19 décembre 2016

zoomer l'image
Reporter: Comment l'an 2016 a-t-il été, du point de vue viticole (en ce qui concerne la qualité et la quantité)?
Sergio Faleschini: Pour nous et pour la plupart des producteurs, 2016 n'a pas été une année favorable de point de vue récolte. On a réalisé 20% de moins que l'année 2015, suite à la grêle qui a affecté quelques-unes des parcelles des domaines Bolovanu et Stârmina, mais aussi aux pluies de printemps et d'été, qui ont influencé le résultat de la vendange. Cependant, la qualité des raisins a été bonne, ce qui nous permet d'espérer d'obtenir en 2016 aussi des vins de qualité, de la taille de Prince Matei, Soare, Prince Mircea etc., même si les quantités seront plus limitées par rapport aux années précédentes.
Reporter: Quelle quantité de vin avez-vous produite cette année?
Sergio Faleschini: Cette année on a produit 1.000.000 litres de vin récolté de nos trois domaines : Stârmina - Mehedinţi, Bolovanu - Sâmbureşti, Zoreşti - Dealu Mare.
Reporter: Combien de la production est exportée?
Sergio Faleschini: En 2016 on a exporté 25% de la quantité vendue, dans un éventail de pays : Pologne, Italie, Pays-Bas, Allemagne, France, Monaco, Corée du Sud, Japon.
Reporter: Dans quels pays exportez-vous ? Est-ce que vous envisagez d'étendre vos exportations et où ça?
Sergio Faleschini: Notre priorité est d'augmenter l'exportation au pays où on est déjà présent, tentant, également d'attaquer d'autres marchés tels que la China, les Philippines, les Etats-Unis etc.
Reporter: Quelles gammes de vin avez-vous dans le secteur HoReCa et quelles gammes dans le secteur retail?
Sergio Faleschini: Concernant le réseau Horeca, on est présent sur 80% des restaurants de Bucarest et de l'ensemble du territoire roumain, avec les vins de la gamme Vinarte (Castel Stârmina Feteasca Neagra, Nedeea, Castel Bolovanu, Sauvignon Blanc, Riesling etc.) et Collectionqui réunit les vins Premium (Prince Matei, Prince Mircea, Soare, Cuvée d'excellence -Riesling et Sauvignon Blanc, Sirena Dunarii).En ce qui concerne le Retail, on est présent avec les vins de la gamme Enoteca dans tous les hypermarchés de Roumanie, sauf la chaîne LIDL.
Reporter: Quel est le chiffre d'affaires que vous avez réalisé dans les neuf premiers mois de l'année et quelles sont vos estimations pour l'exercice entier?
Sergio Faleschini: Les 9 premiers mois on a réalisé un chiffre d'affaires de 1,8 mil. d'euros, estimant d'atteindre 2,5 mil. d'euros jusqu'à la fin de l'année.
Reporter: Quels investissements avez-vous déroulés en 2016 et quel budget avez-vous alloué à cet égard?
Sergio Faleschini: En 2016 on n'a fait aucun investissement majeur, ayant prévu pour 2017 un budget d'investissements d'un mil. d'euros pour la création de nouvelles plantations de cépages roumains et pour l'acquisition de tracteurs, charrues, lignes d'embouteillage etc.
Reporter: Combien d'hectares de vigne avez-vous actuellement et combien produisent déjà?
Sergio Faleschini: On détient 340 ha sur les trois domaines, dont 270 ha en exploitation.
Reporter: Avez-vous accédé à des fonds européens cette année, de quel montant et pour quels projets?
Sergio Faleschini: Cette année on n'a pas accédé aux fonds européens, considérant qu'il faut prendre une pause pour pouvoir consolider la société avec les fonds nécessaires aux investissements car, même si on reçoit des fonds européens, les banques refusent de créditer même sur un dossier approuvé. Comme j'ai déjà dit, pour 2017 on a prévu des investissements d'un mil. d'euros.
Reporter: Quelles variétés de vin avez-vous plantées?
Sergio Faleschini: Sur les surfaces en exploitation il y a des cépages internationaux: Merlot, Cabernet Sauvignon, Riesling, Sauvignon Blanc et des cépages autochtones : Feteasca Neagra, Feteasca Alba, Tamâioasa Româneasca, Negru de Dragaşani, Novac.
Reporter: Comment le marché où vous fonctionnez a-t-il évolué dernièrement?
Sergio Faleschini: Concernant le marché roumain, on constate une certaine croissance de l'intérêt du consommateur pour le vin de qualité, suite à l'évolution du goût, de l'éducation, du bienêtre, spécialement chez les 30-50 ans. Cela explique le fait que, dans notre structure d'assortiments, les ventes de vins de la gamme supérieure ont augmenté ; je pense que la même chose peut être observée chez mes autres collègues vignerons. De l'autre côté, le niveau de la qualité du vin roumain a augmenté aussi grâce à l'apparition de petits et moyens producteurs de vin de bonne qualité et à des prix décents.On parle moins des faux vins qui concurrençaient les années précédentes le vrai vin, étant meilleur marché et donc, plus accessibles, dans un pays avec un taux de pauvreté élevé auniveau de la population. À l'international, le marché reste tendu ; on produit plus qu'on consume, et le marché est dominé par les producteurs traditionnels soutenus d'une belle image du pays tels que la France, l'Italie, l'Espagne, et puis ceux du nouveau monde comme Chile, Argentine, Afrique du Sud etc. La Roumanie exporte très peu par rapport à son potentiel, pas à causede la qualité, où on se place bien maintenant, mais faute d'une stratégie nationale de marketing adéquate.
Reporter: Quelles sont vos estimations à propos du secteur vitivinicole de notre pays?
Sergio Faleschini: Le secteur vitivinicole a une évolution positive, c'est peut-être le secteur le plus avancé de l'agriculture roumaine. Dans les années 90, la Roumanie ne produisait pas des vins de qualité, c'est pourquoi elle n'exportait pas dans de pays prétentieux, le seul débouché étant l'ex Union Soviétique, un marché qui absorbait tout ce qu'on avait, sans prétendre de la qualité. À partir de l'année 2000, on assiste à une renaissance de la viticulture roumaine, suite à l'apparition des premiers investisseurs étrangers, à l'accès aux fonds européens, aux programmes nationaux de développement rural etc. dont on a tous bénéficié. De cette manière, les plantations de cépages nobles ont pris la place des vieillesvignes, hybrides et malades, les centres de vinification ont été dotés d'outillages modernes etc. Aujourd'hui on peut compter sur beaucoup de petits et moyens producteursqui font des vins de qualité, contribuant à une bonne image du vin roumain. On estime que la Roumanie va atteindre 250 000 ha de vigne en exploitation, étant considérée comme le 5ème grand producteur en Europe, et le 9ème dans le monde.
Reporter: Trouvez-vous qu'il y a toujours place pour d'autres vinificateurs de qualité chez nous?
Sergio Faleschini: Il y a encore de la place mais, attention, pour les petits et moyens producteurs, pas pour les géants. L'expérience me dit que seulement les petits producteurs font du bon vin ; prenez l'exemple des pays d'Europe : la France, l'Italie, l'Allemagne. Ceux qui viendronten harmonie avec les producteurs déjà existants, vont beaucoup contribuer à l'image du vin roumain dans le monde, pour laquelle il nous reste encore beaucoup à travailler.
Reporter: Que pouvez-vous nous dire à propos des consommateurs de vin et l'éducation dans ce domaine?
Sergio Faleschini: À mon avis, le processus d'éducation du consommateur roumain a évolué lentement et n'est pas encore fini. C'est un long processus lié à l'éducation, à la culture, à la tradition, au bienêtre etc. Dans les années 80-90 on buvait n'importe quoi, dans de grandes quantités, en PET ou envrac; ultérieurement, cette forme de consommation a beaucoup diminué ; l'apparition dessupermarchés et des grands surfaces a également contribué à l'éducation du consommateur roumain. De nos jours, les roumains n'achètent plus du vin dans la rue ; ils le choisissent dans un magasin ou dans un restaurant, ils boivent seulement ce qui leur plaît, ils l'associent avec le plaît préféré. L'apparition des magasins spécialisés, des sommeliers, choses dont on ne pensait pas exister il y a 30 ans, est surprenante. Le goût des jeunes a évolué le plus ; beaucoup d'entre eux sont devenus des connaisseurs. Ils apprécient la qualité, ils connaissent des producteurs du pays et de l'étranger, font des comparaisons, vérifient la bouteille, l'étiquette, le producteur. Il est difficile de les tromper, ils ignorent les bouteilles à 5 lei. Nous, les producteurs roumains, on se base sur cette évolution positive du consommateur roumain.
Reporter: Quelles sont les manques du domaine dans lequel vous fonctionnez?
Sergio Faleschini: Au vin roumain c'est l'image du pays qui manque. Dans les années 90, la Roumanie n'avait rien à présenter : ni vin de qualité, ni image du pays. Maintenant, les choses ont changé. On a, enfin, de la qualité. Je disais ci-dessus qu'aujourd'hui il y a beaucoup de producteurs roumains qui font des vins de qualité, certains même remarquables. On n'est pas reconnu comme on le mérite et, malheureusement, on ne fait rien dans ce but. Il faut que l'État roumain intervienne dans la promotion d'une stratégie nationale de marketing. On ne doit pas laisser cette stratégie au niveau du producteur. Il a réussi, comme il a pu, àcréer des vins de qualité après de longs efforts et beaucoup de sacrifices. Il a besoin aujourd'hui, pas demain, de l'implication de l'État roumain dans la promotion et l'affirmation du vin roumain dans le monde, comme les autres pays (Argentine, Afrique du Sud, Australie) l'ont fait il y a 10 ans. Si on ne le comprend pas, notre vin ne va pas dépasser l'intérêt local et beaucoup d'étrangers vont continuer à nous demander aux foires «Est-ce que la Roumanie produit du vin?».

L'Opinion du lecteur
0 commentaires
zoomer l'image

Victoire des libéraux, mais non du PNL

MAKE

Je comprends bien pourquoi les libéraux se chamaillent après l'échec des élections, mais ils ne doivent pas se fâcher, car en fait, l'électorat a choisi le libéralisme.
C'est vrai, le libéralisme sans le PNL.
Lire la suiteLire la suite

Partener
.